Ma
grand mère ne descend pas de Nicolas mais du
frère de
celui-ci Rémi Saturnin Renoir et de Nicole
Massieux. La
famille Massieux était propriétaire à
Bouillante
comme en témoigne l’arrêt du bus
Massieux. Cette
branche Renoir habitait Baillif, ils avaient eu une
éducation
chez les frères jésuites ou autres, ils
étaient
instruits, travaillaient au Ministère des Colonies et de la
Marine à Basse Terre, on dirait aujourd’hui
qu’ils
étaient fonctionnaires.
Il faut noter
également
l’union de Charles Louis Renoir petit fils de Charles Louis
Renoir avec Catherine Laurence Saint Marc descendante de Charles Saint
Marc également propriétaire à Vieux
Habitants.
Aux
Vieux Habitants on note également la Rivière
Beaugendre
qui traversait la propriété des Beaugendre .
Marguerite
Marie Beaugendre était l’aïeule
de Charlotte
Elisabeth Massieux la mère de Rémy Saturnin
Renoir.
Il
apparait clairement que ces familles sont issues des plus anciens
colons arrivés en famille dès le début
de la
colonisation. Ceci justifie le nom des Vieux Habitants : les plus
anciens propriétaires d’habitations. Il apparait
aussi que
dans ces familles le métissage a lontemps
été
évité.

Ultérieurement
les
engagés arrivaient seuls. S’ils
décidaient de
rester, ils s’accouplaient soit avec leur servante noire,
soit
avec une métisse affranchie c’est ce qui a permis
le
métissage de la population. Quand il s’accouplait
avec une
esclave il l’affranchissait pour permettre
l’enregistrement
de leurs enfants en vue d'une reconnaissance. Au moment de la
révolution, et de la première abolition de
l’esclavage, l’établissement
des registres de
l’état civil a permis un grand nombre de
reconnaissances,
Mais il a fallu attendre les années 1830 pour que
disparaisse
des registres d’état civils la mention de la
couleur de la
peau.
Ajouter du lait au café donne un
breuvage plus ou moins noir.
Une
« classification raciste » selon la part de
« sang
noir » s'est mise en place, ainsi traditionnellement :
•
Un enfant issu d'une union noir-blanc est un mulâtre
(mulâtresse)
•
Un enfant issu d'une union mulâtre-blanc est un quarteron
(quarteronne)
• Un
enfant issu d'une union quarteron-blanc est un octavon (octavonne) on
dit aussi mamelouk
•
Un enfant issu d'une union mulâtre-noir est un
câpre
(câpresse) ou un griffe (griffonne)
•

Le
terme quarteron signifie que l'individu a un quart de sang noir et
octavon qu'il en a un huitième (les qualificatifs ont par
exemple été utilisés concernant
Alexandre Dumas
père et fils).
La
génétique moderne a remis en cause ces
définitions.
Nous
savons aujourd’hui que la couleur de la peau
dépend de six
gènes à 2 allènes. Pour faire simple
disons que 3
gènes viennent du père et 3 gènes
viennent de la
mère. L’accouplement d’un
père blanc et
d’une mère noire donne un mulâtre avec 3
gènes blancs et 3 gènes noirs.
L’accouplement
d’une mulâtresse dont le patrimoine
génétique
est 3 blancs 3 noirs avec un blanc peut donner la
déclinaison
suivante :
3 blancs venant du père 3 noirs venant
de la mère
3 blancs venant du père 2
noirs 1 blanc venant de la mère
3 blancs venant du
père 1 noir 2 blancs venant de la mère
3
blancs venant du père 3 blancs venant de la mère,
l’enfant est blanc.
A
chaque naissance la distribution peut changer, c’est ainsi
que
dans une même fratrie on peut avoir un enfant blanc et son
frère ou sa sœur plus coloré.
Quand
un
mulâtre s’accouple avec un autre mulâtre,
les
gènes noirs devenant plus nombreux les enfants ont plus de
gènes noirs que leurs parents. Sur deux ou trois
générations, il ne reste pas de trace de
gènes
blancs.
C’est ainsi que progressivement le
métissage disparait aux Antilles la population majoritaire
étant noire.
De nombreux
métissages se sont
produits dans la descendance de la famille Renoir. Lors de mon dernier
voyage, un guadeloupéen des Vieux habitants à qui
j’avais fait part de mes ascendances Renoir
m’a dit
« Mais vous êtes blanche, ma grand mère
s’appelle Renoir et elle est noire ».